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[Meeting de clôture de la visite d’Etat dans le Hambol/Le Chef de terre de Katiola se confie] «Après la cérémonie, j’ai été abandonné sur les lieux»


Katiola, 02-12-2019 (lepointsur.com) À Barthelemy Zouzoua Inabo Le père fondateur ne voulait pas quitter le pouvoir pour «les jeunes». Ton camarade ne veut pas partir «pour l’intérêt de la nation». Les politiciens africains, ici ou ailleurs, trouvent toujours des raisons pour ne pas quitter le pouvoir, aller se reposer et devenir les garants moraux de la Démocratie, de la gestion de la chose publique.

C’est surtout l’Afrique francophone qui offre ce spectacle. Les Anglophones, réussissent à passer le témoin et créer des clubs des anciens présidents, adulés et respectés, consultés pour le futur et l’équilibre de la nation.

Bref ! Ton camarade a jeté le masque. Il ne partira pas si les «gens de sa génération ne partent pas». Et les «gens de sa génération» sont connus sur la place politique. Il n’a pas voulu citer ses contemporains mais point n’est besoin de sortir de Polytechnique pour le savoir…

Disons les choses comme elles sont. Ton camarade a ouvert la voie pour que les gens de sa génération ne partent… jamais.
C’est bien lui qui a fait sauter le verrou de la limitation de l’âge pour les candidats à la présidence dans la constitution. Quel était le but du jeu ? Un député a même dit le jour de l’examen du projet de texte de loi, en 2016 «un vieux croulant, malade, incapable de se déplacer, peut donc être candidat et s’il est élu, diriger la Côte d’Ivoire…». Le Commissaire du gouvernement, ce jour-là, a rejeté tous les amendements des députés !

Le piège était cousu de fil blanc. Dans les milieux politiques et les salons feutrés d’Abidjan, tout le monde savait, mais pour une fois, les observateurs et analystes avaient bien voulu se tromper…
Tous, nous avons été floués par les experts et universitaires, rédacteurs du texte. Ils ont seriné que l’actuel président, au terme de ses deux mandats de cinq ans chacun, ne pouvait plus se présenter de nouveau. Au regard de la nouvelle constitution. Tout le monde a mordu à l’hameçon. Et ton camarade lui-même n’a jamais rien fait pour que l’opinion pense le contraire. Il a constamment marqué sa volonté de passer la main. «Je travaille depuis plus d’un demi-siècle…», a-t-il souvent répété.
«Les trois pieds» du foyer du Golf ont validé la constitution à l’époque de l’amour fusionnel…

Après sa sortie au stade Thomas d’Aquin de Katiola, ce samedi 30 novembre 2019, au terme de sa visite dans le Hambol, il met tout le monde au pied du mur.
La loi fondamentale ne devrait pas s’interpréter. Elle doit être tout simplement, appliquée. Strictement. La nôtre s’interprète au gré des intérêts et du positionnement du moment… Sources de conflits.

Il n’y a pas que «les gens de sa génération» qui donnent des insomnies à ton camarade. Dans son propre camp, les velléités sont fortes. Il est la soupape de sécurité à même de contenir les ambitions des uns et des autres. Partir, c’est exposer son groupement au syndrome des partis d’opposition, l’affaiblissement, la division, les clans…

QUELQUES INFOS SUR LES VÉHICULES MIS A LA DISPOSITION DES TRANSPORTEURS DU HAMBOL

«Afin d’aider les transporteurs du Hambol à renforcer leurs flotte, dans le cadre du Projet de Renouvellement du Parc Automobile, le Président de la République met à leur disposition, 22 véhicules neufs de marque Ashok Leyland.

Les 4 types de véhicules de marque Ashok Leyland, mis à disposition :

-Car de 41 places dit HAWK
-Car de 26 places dit MITR
-Camion Benne de 25 t dit CAPITAIN
-Camionnette de 5t dit BOSS

RÉPARTITION

KATIOLA
12 véhicules pour 9 entreprises dont
5 Cars de 41 places
2 Cars de 26 places
3 Camions bennes 25 tonnes
1 Camionnette 5 tonnes

DABAKALA
7 véhicules pour 7 entreprises dont
6 Cars de 41 places
1 Car de 26 places

NIAKARAMANDOUGOU
3 véhicules pour 2 entreprises dont
2 Cars de 41 places
1 Car de 26 places

TOTAUX : 18 ENTREPRISES BÉNÉFICIAIRES POUR 22 VÉHICULES

RECAP/
13 CARS DE 41 PLACES
05 CARS DE 26 PLACES
03 CAMIONS BENNES DE 25 TONNES
01 CAMIONNETTE 5 TONNES

Dans cet important projet qui s’étendra dans toutes les régions du pays, l’Etat a joué le rôle de facilitation pour des prêts obtenus auprès des banques.
Il faut préciser qu’avant ce projet, les banques refusaient catégoriquement de prêter aux transporteurs, vu les difficultés du passé.

Le projet de renouvellement du parc automobile des transporteurs est piloté par le Fonds de développement du transport routier (FDTR), structure rattachée au Ministère des Transports», Sercom ministère des Transports

Katiola, terre d’accueil et de tourbillons…

Un journaliste s’est écrié, «30 secondes pour la libation»… À peine commencée, qu’elle était terminée. Le
Chef de terre de Katiola n’a pas traîné à appeler les mânes des anciens à protéger le meeting de clôture de la visite du chef de l’Etat dans le Hambol au stade Général Thomas d’Aquin.

Le stade Ouattara Thomas D’Aquin de Katiola a refusé du monde, le samedi 30 novembre 2019, à l’occasion de la cérémonie de clôture de la visite d’Etat du président Alassane Ouattara dans la région du Hambol.

Retrouvé à son domicile en début de soirée, dans le quartier Nahinkaha, dans le vieux Katiola, entouré de ses proches, l’homme, calme, serein, plutôt taciturne, raconte en une phrase sa libation : «j’ai fait ce que je devrais faire». Puis d’ajouter, «si j’en faisais plus, que je disais certaines choses et que des difficultés apparaissaient, les gens m’auraient accusé…».
En réalité, il n’est pas content du tout, le vieux Touré Tankolo. «Après la cérémonie, j’ai été abandonné sur les lieux. J’ai dû marcher pour rentrer chez moi…».
La colère du garant de la ville de Katiola trouve son essence dans le manque de considération dont il est l’objet. «Les gens se souviennent de moi quand ils sont en difficulté ».
Après l’accident des hélicoptères le mercredi 27 novembre 2019 a Katiola, les rumeurs insistances ont circulé. «Non, non, c’est un accident, Katiola n’a rien à voir…», rassure-t-il. Cependant, explique-t-il, le maire de la commune est passé le voir après l’accident pour «faire quelque chose, pour éviter d’autres problèmes». À la question, «pourquoi ?», il répond avec un sourire au coin des lèvres, «les gens savent…».
Il le dira peu après, «si je n’avais été associé au meeting, la cérémonie n’aurait pas eu lieu…». Il n’en dira pas plus.
Le Chef de terre se plaint d’être ignoré au profit du chef de canton qu’il a fait nommer et visiblement, avec lequel il ne s’entend pas. «Parfois, je vais rester dans mon campement pour digérer ma frustration. Quand ils ont besoin de moi, ils savent où me trouver. Puis ils m’abandonnent une fois leurs problèmes réglés». À la question, pourquoi n’a-t-il pas remis un courrier au président Ouattara à la fin de la libation pour attirer son attention sur sa situation, sa réponse fuse : «Un Tagbana ne fait pas ça… il reste toujours digne. Le président m’a dit trois fois merci et c’est tout…».
Il sourit quand je lui parle des tourbillons de vent et des abeilles à Katiola.
La Côte d’Ivoire honore les Rois et chefs traditionnels. Les chefs de canton roulent pour la plupart en voitures administratives. Mais pas les chefs des terres qui désignent les premiers… Peut-être à corriger…

Par Fernand Dédeh, (journaliste indépendant) envoyé spécial dans le Hambol

NB : Le titre est de la rédaction

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