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Nouvelle Constitution ivoirienne/ Voici les grands bouleversements


Abidjan-26-09-16 (lepointsur.com) L’avant-projet de nouvelle Constitution a été remis officiellement au chef de l’Etat Alassane Ouattara en fin de semaine dernière. Le mercredi 28 septembre, il sera soumis, et probablement validé, par le Conseil des ministres. Une semaine après soit, le 5 octobre 2016, ce texte fondateur de la troisième République devrait passer devant l’Assemblée nationale avant d’être soumis à référendum fin octobre. Mais de fait, que contient ledit projet concocté par Ouaraga Obou et ses collègues du comité d’experts ?

S’il est vrai que  le contenu de cet avant-projet de nouvelle Constitution est jalousement conservé et gardé tel un code nucléaire-aucune information officielle du contenu n’a filtré-force est cependant d’avancer que le litigieux article 35 fera ses adieux dans la nouvelle mouture de la loi fondamentale de la Côte d’Ivoire. La création d’un  sénat, avec des membres élus au suffrage indirect pour les deux tiers dont un tiers est,  nommé par le Président de la République y figure en bonne place. Par ailleurs, les sources proches du dossier indiquent qu’il n’existe pas d’immixtion de l’exécutif dans le législatif parce que cela a été expérimenté au Cameroun et en Algérie. Sans commentaires.

En sus, l’âge limite pour être candidat sera ramené à 35 ans au lieu de 40. La grosse surprise, si les informations étaient confirmées, c’est incontestablement le fait qu’il n’y aurait plus d’âge maximum, fixé à 75 ans comme indiqué par la Constitution de 2000. Autre innovation et non des moindres, la nomination d’un vice-président par le président de la République dans le cas d’un ticket président-vice-président pendant la période transitoire. Il se murmure également que ce vice-président providentiel pourrait sortir des rangs du parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) à cause de son expérience quant à la gestion de la chose publique.

Au sortir de la cérémonie qui a consacré la remise dudit document au chef de l’Etat, l’initiateur de la nouvelle constitution, a décidé de confier le sort de celle-ci aux Ivoiriens qui, en dernier ressort vont décider de sa mise en vigueur ou non.

« S’il est voté par l’Assemblée nationale, le projet de loi portant constitution sera soumis au referendum car, ce sont nos citoyens qui auront le dernier mot et c’est à eux qu’il revient de décider », a déclaré Alassane Ouattara. Pour le Président de la République, l’objectif majeur de ce projet est de « doter notre pays d’une nouvelle Constitution susceptible de lui garantir la paix et la stabilité. Notre pays doit être doté d’une constitution moderne, consensuelle, impersonnelle et à l’épreuve du temps ». a-t-il dit avant  d’ajouter que le pays devrait se débarrasser de la constitution « Robert Guéi » de 2000. C’est vrai. Les choses avancent pour le camp Ouattara. Toutefois, qu’en pensent l’opposition politique dans son ensemble et la société civile ivoirienne ?

L’opposition et le société civile ivoirienne contre l’élaboration d’une nouvelle Constitution

Le chef de file de l'opposition ivoirienne Affi N'Guessan est contre l'élaboration d'une nouvelle Constitution. Ph. Dr

Le chef de file de l’opposition ivoirienne Affi N’Guessan est contre l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Ph. Dr

Alors en tournée en fin de week-end la semaine dernière à Abidjan,  le président du Front populaire ivoirien (FPI) principal parti de l’opposition, Pascal Affi N’guessan a affirmé  que le chef de l’Etat Alassane Ouattara “n’a aucune compétence pour doter le pays d’une nouvelle Constitution”.

“Le président de la République de Côte d’Ivoire n’a aucune compétence pour doter (le) pays d’une nouvelle Constitution. Il peut la réviser, changer une virgule, une phrase, aller jusqu’à un paragraphe”.  A-t-il martelé.  Avant d’indiquer qu’il n’a pas le droit d’mposer un projet rédigé par des experts aux Ivoiriens. « Mais, faire élaborer un nouveau texte par un Comité d’experts, et l’imposer, il n’a pas ce droit », a déclaré M. Affi. Mieux, le président du parti à la rose a insisté que c’est illégal et une trahison du chef de l’exécutif ivoirien non sans s’opposer à la création d’un sénat et d’un poste de vice-président qui seraient selon lui, une source de division des Ivoiriens. Avant  les partis membres de l’opposition  (coalition de 12 partis politiques) que préside Affi N’guessan, plusieurs organisations de la société civile dont Civis-Ci, Wanep…ont dénoncé au cours d’une conférence de presse tenue à Abidjan récemment  la méthode cavalière du chef de l’exécutif ivoirien.

Alassane Ouattara au pas de course

Pour accélérer les choses, ADO a décidé de rencontrer son allié et ainé Henri Konan Bédié. Ph. Dr

Pour accélérer les choses, ADO a décidé de rencontrer son allié et ainé Henri Konan Bédié. Ph. Dr

Sauf changement de dernière minute, le Chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara rencontre  son grand allié et ainé, le leader du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Henri Konan Bédié ce lundi à Abidjan. En effet, voulant coûte que coûte tenir les délais pour la tenue d’un référendum, le chef de file des républicains ivoiriens a décidé d’accélérer les choses. Pour autant, compte-il- prendre langue avec son allié et ainé aujourd’hui  à Abidjan  avant le conseil des ministres de mercredi censé approuver l’avant-projet de Constitution qui passera une semaine plus tard, le 05 octobre 2016,  sur la table des députés ivoiriens.

Point n’est besoin de rappeler que cette rencontre entre les deux principaux leaders du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, coalition au pouvoir) intervient 72 heures après la remise de l’avant-projet de la nouvelle constitution ivoirienne au Chef de l’Etat ivoirien par le Comité d’experts. Outre, l’élaboration d’une nouvelle Constitution,  les avant-projets des textes relatifs au parti unifié des houphouëtistes qui sont déjà ‘’prêts’’ selon le directoire du RHDP, Amadou Soumahoro  pourraient notamment alimenter les échanges entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié.

EKB

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