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[Côte d’Ivoire] Après les affrontements sanglants de Zouan-Hounien, les premières révélations accablantes de la famille du défunt


-Voici ce qui a mis le feu aux poudres

Une semaine après les affrontements sanglants de Zouan-Hounien, la famille du défunt fait des révélations troublantes et accablantes.

Les affrontements meurtriers d’une gravité extrême, déclenchés, le mercredi 21 novembre 2018, suite à la mort de l’élève, Kokeh Gouanou Eliphel, de la classe de 6e 10 du lycée moderne, Koui Mamadou, de Zouan-Hounien, continuent de livrer ses secrets. Le correspondant régional de lepointsur.com s’est rendu sur place le samedi 24 novembre 2018.

Sur place, nous apprenons que le petit aurait été tué pour rien, parce que ne faisant pas partie des élèves qui se sont accrochés au véhicule. ”Notre fils n’était pas parmi les élèves qui se sont accrochés au véhicule, ce jour-là. Il passait tranquillement son chemin quand les 2 apprentis qui poursuivaient les élèves se sont jetés sur lui pour le battre sauvagement avant de l’abandonner entre la vie et la mort. Il leur a bien dit qu’il ne faisait pas partie du groupe. Mais hélas, il a trouvé la mort le samedi 17 novembre’’, explique Ouguin Pierre, l’oncle de la victime et porte-parole de la famille.

Une habitation partie en fumée

Après les constats d’usage, le commandant de brigade de la Gendarmerie a ordonné l’enterrement de l’élève, alors qu’aucun papier médical n’a été délivré. Ce qui va soulever la colère des parents du défunt. Ils vont opposer un refus. Entre temps, le syndicat des transporteurs de Zouan-Hounien avait affecté un véhicule pour le transfert du corps de l’enfant à Dinneu, son village, situé à 22km de Zouan-Hounien, et remis la somme de 70 000 FCFA pour les funérailles.

C’est la goutte d’eau qui a débordé le vase. La jeunesse du village va s’y opposer énergiquement et demander le rapport médical délivré par l’hôpital général où l’enfant est décédé.

Dans l’attente de régler ce problème, la jeunesse s’est cotisée et a transféré le corps à la morgue de Danané. Elle a commencé à menacer : ‘’Tant que nous n’avons pas ces documents, l’enfant ne sera pas enterré’’.

La longue attente du rapport médical de l’hôpital général de Zouan-Hounien sera l’élément déclencheur qui a mis le feu aux poudres. Conséquence : plusieurs maisons incendiées, des commerces partis en fumée, le marché complètement en cendres, des morts et plusieurs blessés. La colère a fait place à la haine et à de mauvais sentiments.

Ce n’est que le jeudi 22 novembre que, sur insistance du ministre Albert Toikeusse Mabri, qui y était en visite à Zouan-Hounien, que ces documents ont été produits.

Après l’appel à l’apaisement, au nom du gouvernement, il a remis la somme de 6,5 millions FCFA pour les préparatifs des funérailles de tous ceux qui ont trouvé la mort pendant les violents affrontements et les soins des blessés.

L’imam Doumbia Adama, de la grande mosquée de Zouan-Hounien, qui a vu son domicile incendié a prié afin que les cœurs des populations se raffermissent et que la paix revienne.

Depuis ces évènements douloureux, l’hôpital général de Zouan-Hounien est devenu un centre de refuge pour de nombreux sans abri de la ville. Sur place, le maire de la commune, Zrakpa  Roger, dont le domicile a été incendié, ainsi que les différents responsables communautaires et religieux multiplient les rencontres avec les populations pour prôner l’apaisement.

Doumbia Balla Moise, Correspondant régional

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