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[Reportage / 8 ans après la mort de la prophétesse Sarah Donkor] Ses fidèles la ressuscitent


Une vue du mausolée de la prophétesse Sarah DONKOR , à l’entrée de GOKA (PH/LPS)

Après la disparition de la prophétesse Sarah Donkor, en 2011, dans la ville de Goka (Ghana) située à 36 Km de Bondoukou, ville du nord-est de la Côte d’Ivoire, chef-lieu de la région administrative de Gontougo, ses fidèles continuent d’affluer dans son église, ‘’The church of pentecost’’ qui, finalement, est devenu un lieu de pèlerinage.

De la ville de Yamoussoukro où nous avons pris le départ à 6 heures 00 min, c’est aux environs de 17h30 min que nous avons foulé le sol de la ville célèbre de Goka , désormais, une terre sainte. Sous les derniers rayons du soleil, assis sous les ombrages des gros arbres, les femmes, les hommes et les vieillards sont plongés dans la prière sur des nattes, à même le sol.

Nous mettons le cap sur la résidence du gardien du temple, de l’ancien Etadjo pour les civilités d’usage. «Goka est une ville incontournable  où tous les Premiers ministres ghanéens viennent pour devenir des futurs présidents. Malgré la disparition de la prophétesse dont j’étais un fidèle compagnon, l’affluence est toujours la même. Les pèlerins y affluent chaque année pour obtenir des grâces et retourner avec la santé. C’est à nous que revient la protection de ce lieu saint. Et nous saurons le préserver  pour les générations futures. Dieu n’est pas dans les objets. Dieu, c’est la prière », confie le gardien du temple.

Plusieurs pèlerins ont reçu leur délivrance , ce jour (PH/LPS)

À quelques encablures, notre regard est attiré par une vieille baraque vétuste sans portes, ni fenêtres, peinte en jaune, faisant face à une résidence dont la couleur blanche ne laisse personne indifférent. Notre guide ne nous laisse pas le temps de l’interroger qu’il anticipe : «La vieille baraque est l’ancienne maison où logeait la prophétesse Sarah Donkor avant que Dieu ne se révèle à elle pour l’utiliser puissamment. La résidence peinte en blanc est la résidence que Dieu lui a fait grâce de bâtir et d’habiter avant son rappel à Lui».

Aux environs de 18h, plusieurs minicars déversent d’autres pèlerins. «Ce sont des pèlerins qui viennent d’arriver, lance notre guide avant d’ajouter, ils seront logés dans les écoles. Il n’ya plus de places dans les habitations».

A 18h20mn, le rond-point de la ville de Goka nous ouvre les bras pour la restauration. Là gouille un nombre important de personnes ; ce qui lui donne une allure très festive. Tous les pèlerins semblaient s’être donné rendez-vous à cet endroit, afin de trouver de quoi se mettre sous la dent, dans le seul restaurant de la place. Peu éclairé, les commandes à cet endroit, relevaient d’un parcours du combattant. Après maints efforts, nous passons notre commande. Après le repas, nous regagnons le domicile de dame Akwa qui nous héberge. Là, dans la chambre, nous nous retrouvons avec 8 autres pèlerines venues de la Côte d’Ivoire. Face à la réalité du moment, nous nous plongeons dans la prière : «Seigneur, fasse que ce séjour se déroule bien et que nous retournions avec des grâces»

Le lendemain, jeudi 21 février 2019, le camp de prière est pris d’assaut. Cette journée est fortement marquée par des prières et du jeûne. Chaque pèlerin se positionne tant bien que mal, pour être en communion avec le Tout-Puissant. Il en sera ainsi jusqu’au crépuscule.

La journée du vendredi 22 février 2019 est ponctuée de séances de prières intenses, de guérisons et de délivrances. Environ  8 055 pèlerins prennent part à cette rencontre. Une dizaine de pasteurs des Eglises pentecôtistes de Côte d’Ivoire, dont le président Yao Bio, officient.

-Ses miracles et ses bénédictions se perpétuent

Ce pèlerin dont le fils a recouvré la guérison, après plusieurs mois de coma, a désormais le sourire aux lèvres (PH/LPS)

Comme toutes les autres années, plusieurs fidèles se donnent rendez-vous au camp de prière à proximité de ‘’The church of pentecost’’ où les prières et les miracles continuent de les emballer. Dame Niamkey, domiciliée à Abidjan Port-Bouët I, l’une des miraculées de la prophétesse garde encore de beaux souvenirs de Sarah Donkor, qu’elle partage avec nous. « J’ai contracté une grossesse et j’étais dans mon 8e mois, mais je n’avais pas l’aspect d’une femme enceinte. En effet, à l’hôpital, j’étais déclarée enceinte, mais ma grossesse n’évoluait pas, et mon ventre restait désespérément plat. C’est à Goka, après la prière de ‘’maman Sarah Donkor’’ que ma grossesse a fini par apparaître et j’ai accouché d’un gros bébé de sexe masculin », témoigne-telle. Habituée des lieux depuis une vingtaine d’années, elle se souvient, comme si c’était hier quand elle était souffrante et presque paralysée et qu’elle a été guérie par la prophétesse. «Cela fait, environ 20 ans que je viens ici, chaque année, pour lui manifester ma reconnaissance et récolter davantage de bénédictions», nous confie-t-elle.

Comme elle, plusieurs autres personnes qui ont bénéficié des grâces de la prophétesse ou de sa bénédiction à travers la terre sainte, sont présentes à ce grand rendez-vous annuel. M. Kwa dont le fils a entièrement recouvré la santé après sept  longues années ‘’sans vie’’, fond en larmes. «Mon fils était dans le coma pendant 7 mois environ. Il en est sorti et revenu à la vie le 10 décembre 2018. Nous sommes venus d’Abidjan pour Goka, l’an dernier, et nous y sommes restés pendant un an. Aujourd’hui, nous retournons à Abidjan avec la santé», se réjouit-il.

Des pasteurs des églises pentecôtistes de Côte d’Ivoire (PH/LPS)

Kouadio N’Guettia, planteur, la cinquantaine bien remplie, a choisi de ne plus s’éloigner de la localité de naissance de la prophétesse Sarah Donkor depuis qu’il a bénéficié de ses grâces. «Je suis à Goka depuis la classe de 3e. J’étais souffrant et lorsque j’ai recouvré la santé, j’y suis resté. J’y ai construit ma maison et ne compte plus retourner en Côte d’Ivoire», témoigne-t-il.

Grâce aux intenses prières en ce lieu saint, le sourire a désormais fait place à la tristesse dans le couple de Gnamien Martin qui, du haut de ses cinquante ans, peinait à offrir le plaisir de l’enfantement à son épouse.  « Ma femme avait été annoncée inféconde par les médecins, mais grâce à la prière, à Goka, nous venons d’avoir un joli bébé de sexe masculin », explique-t-il avec un large sourire.

De la baraque jaune…

Kla Georges, diacre, est redevenu propriétaire de ses terres à Bondoukou en Côte d’Ivoire, grâce à la foi placée aux prières annuelles dans la localité de Goka. «Je possédais des terres à Bondoukou en Côte d’Ivoire. Mais elles faisaient l’objet d’un litige, au point où mon antagoniste menaçait de m’en déposséder. En 2018, je me suis rendu à Goka pour la prière annuelle, c’est là que Dieu me fit grâce. De retour à Bondoukou, je suis rentré en possession de toutes mes terres », reconnaît-il.

à la  »maison blanche », la nouvelle résidence de Sarah Donkor, avant sa mort (PH/LPS)

A 9 heures, ce jour-là, au cours de la prière d’ouverture, la Côte d’Ivoire est confiée à Dieu afin que «tout esprit diabolique soit bouté hors de ce pays». Inspirées du livre de Jean, des prières ont été également faites pour protéger le monde entier, notamment la ville et la royauté de Goka des pièges de l’ennemi. Prenant pour piédestal les livres de Matthieu et Marc respectivement aux chapitres 16 et aux versets 7 à 20 ainsi que les Actes des apôtres au chapitre 12, l’apôtre A.K Miah, le prédicateur du jour a exhorté les pèlerins à s’investir davantage dans la construction  de l’Eglise. «Peu importe le volume de la maison ; Jésus a donné un héritage merveilleux», a-t-il insisté. Il a par ailleurs, demandé aux pèlerins d’avoir la foi, avant de les rassurer d’un retour avec des solutions à «leurs pleurs, leur tristesse, leur peine et leurs problèmes». Chants, louanges, prières, guérisons et délivrances ont meublé cette grande rencontre.

Depuis la disparition de la prophétesse Sarah Donkor en 2011, ses œuvres spirituelles se perpétuent dans le temps. Et ses fidèles se multiplient.

Opportune BATH (Envoyée spéciale à Goka –Ghana)

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