SUR LE POINT..

RDC/ Joseph Désiré Kabila, comme, Pierre Nkurunziza. Par EKB


Abidjan-25-05-16 (lepointsur.com) La situation sécuritaire en RDC devient on ne peut plus préoccupante. De l’interdiction de la manifestation de l’opposition politique à l’accusation contre Moise Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle en RDC, en passant par la volonté manifeste de Joseph Kabila de se maintenir coûte que coûte au pouvoir, les autorités de Kinshasa mettent gravement en péril la sécurité du pays.

Le président Pierre N'kuruziza a plongé son pays dans l'impasse à cause de son obsession à rester au pouvoir. Ph. Dr

Le président Pierre N’kuruziza a plongé son pays dans l’impasse à cause de son obsession à rester au pouvoir. Ph. Dr

Evidemment, cette situation préoccupe, tant les congolais que la communauté internationale, à tel point que réunis à Bruxelles,  les 28 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne,  se sont penchés sur la situation en RDC, où la dégradation récente des perspectives électorales les préoccupe fortement. Ces différents ministres  se sont fendus d’une longue déclaration commune pour appeler tous les acteurs de la vie politique congolaise à relancer le processus qui doit conduire à la tenue des élections, dans les délais prévus par la Constitution congolaise. A cette occasion, ils ont gravement tancé  la décision de la Cour constitutionnelle de Kinshasa, il y a quinze jours, d’autoriser le maintien à son poste du président Joseph Kabila au-delà de décembre 2016, si aucun scrutin n’est organisé d’ici là. Décryptage.

 Pour rappel, l’obsession du président Pierre  Nkurunziza de briguer un troisième mandat a entrainé le Burundi dans une grave crise, causant la mort de centaines d’hommes, femmes et enfants, plus de 250 000 déplacés et un pays abîmé par des mois de violences. En dépit de multiples appels nationaux et internationaux et un coup d’Etat raté, Nkurunziza s’est installé aux forceps au pouvoir. Depuis, le pays est plongé dans une situation sécuritaire et humanitaire dégradante.

La leçon burundaise semble n’avoir pas interpellé les autorités de Kinshasa qui manœuvrent pour se maintenir au pouvoir, malgré les appels incessants de la communauté internationale, notamment l’UE qui a tiré la sonnette d’alarme. Inquiète des derniers développements de l’actualité en RDC,  l’Union européenne a lancé un appel pressant pour la relance du processus électoral, affirmant que le manque de visibilité quant aux dates des élections est un grand facteur d’instabilité pour la RDC.

En outre, les 28 de l’UE ont dénoncé l’absence de liberté d’expression,  les harcèlements et l’intimidation contre des politiciens, des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme. Ils demandent à tous d’assumer leur responsabilité individuelle, en particulier les responsables des institutions chargées de la justice et de la sécurité, en évoquant les conséquences des manquements éventuels. Pour autant, appelle-t-elle à un dialogue national  en RDC tout en appelant  la Commission électorale à déterminer les besoins financiers et à établir un calendrier, en particulier pour l’élection présidentielle.

La phobie  Moise Katumbi…

Katumbi est dans le viseur du pouvoir congolais. Ph. Dr

Katumbi est dans le viseur du pouvoir congolais. Ph. Dr

A peine, a-t-il annoncé sa candidature à la présidentielle de décembre prochain que l’ex-gouverneur du Katanga Moise Katumbi est l’objet de plusieurs harcèlements de la part du régime de Kinshasa. L’homme fort du Katanga est désormais dans le viseur de Joseph Kabila et de ses hommes. Qui l’accusent de recrutement de mercenaires étrangers et atteinte à la sureté de l’Etat. Molesté par les forces de l’ordre, lors d’une de ses auditions, le président du club le plus populaire de la RDC, le TP Mazembé  est actuellement en Afrique du Sud pour des soins, en attendant bien sûr, de répondre des faits qui lui sont reprochés devant les juridictions compétentes de son pays.

Pour qui connait la popularité de cet homme d’affaires doublé de politique, il y’a fort à craindre que le pays bascule dans la violence comme au Burundi. Déjà, lors de ses audiences, ses partisans ont fait une démonstration de force qui a provoqué des heurts entre eux et les forces de l’ordre. Alors même que l’opposition a appelé à manifester dans la capitale, Kinshasa, et après quelques hésitations, les autorités actuelles de la RDC ont accepté que les manifestations se déroulent dans la seule capitale Kinshasa, les partisans du parti au pouvoir ont eux aussi appelé à des manifestations.

 « La demande du parti présidentiel avait été faite avant même celle de l’opposition depuis le 14 mai. Il ne s’agit donc pas d’une mobilisation destinée à concurrence. » A indiqué Le président du groupe parlementaire PPRD à l’Assemblée. Au regard de la situation délétère et du harcèlement contre des opposants congolais, Joseph Désiré Kabila emprunte dangereusement la voie de la dictature et partant de l’installation d’un climat de terreur et d’incertitude dans ce pays de l’Afrique centrale qui devait se retrouver aux urnes en décembre prochain pour désigner un nouveau président.

 

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