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Présidentielle Candidature: qu’attendre du Conseil constitutionnel ? (Simple avis)


Abidjan, le 18-08-2020 (lepointsur.com) Soyons sérieux ! Celui qui attend du Conseil constitutionnel dirigé par Koné Mamadou autre chose que la validation de la candidature du président sortant Alassane Ouattara n’est pas sérieux. Si quelqu’un espère l’invalidation de la candidature du candidat Rhdp, c’est qu’il est un plaisantin.

De Noël Nemlin (nommé par Henri Konan Bédié) à Koné Mamadou ( nommé par Alassane Ouattara) en passant par Yao N’dré( nommé par Laurent Gbagbo) et Francis Wodié (par Alassane Ouattara), il n’y a eu qu’un président indépendant : Francis Wodié.

Laurent Gbagbo disait au début de la contestation des résultats de 2010 qu’il était au courant que les gens trichaient à la Cei, mais il ne disait rien parce qu’il les attendait au Conseil constitutionnel dirigé par son ami Yao N’dré. Et on se souvient de ce qui s’est passé. Le code électoral dit que si le résultat du Conseil constitutionnel est contraire à celui de la Cei, c’est-à-dire si le candidat A est proclamé vainqueur par la Cei et qu’au vu des analyses du résultat au Conseil constitutionnel, ce candidat A perd le vote au profit du candidat B, on annule l’élection et on la reprend 60 jours après. Yao N’dré, “possédé par Satan”, n’a pas annulé le vote et a investi Laurent Gbagbo.

En 1995, le recours de Djény Kobenan n’a pas eu de suite favorable au Conseil constitutionnel de Noël Nemlin. Son dossier de candidature aux législatives avait été rejeté par le ministère de l’Intérieur. Et on se rappelle cette réponse ‘’frontale’’ d’Émile Constant Bombet à la question de la journaliste Bernardette Bah qui se voulait ‘’directe’’: « Est-ce ma faute si Djény Kobenan est Ghanéen ? Son frère jumeau est chef de village au Ghana ! »

‘’Et vous croyez que c’est Koné Mamadou, lui-même Rhdp, président du Conseil constitutionnel nommé par le président Ouattara qui rejettera la candidature d’Alassane Ouattara ? Quand est-ce que vous allez être sérieux devant les affaires sérieuses telle l’élection présidentielle ?‘’

Le seul à être indépendant, capable de trancher sans parti pris, était Francis Wodié. Il AURAIT INVALIDÉ la CANDIDATURE d’Alassane Ouattara en 2015 puisque l’article : ‘’Ne s’être jamais prévalu d’une autre nationalité’’ n’avait pas été modifié, l’élection de 2010 ayant été exceptionnellement inclusive avec les accords de Pretoria. Alors, comme il n’avait pas “kèr” ( le courage) de rejeter la candidature d’Alassane Ouattara, président sortant, il avait préféré rendre le tabouret.

Et vous croyez que c’est Koné Mamadou, lui-même Rhdp, président du Conseil constitutionnel nommé par le président Ouattara qui rejettera la candidature d’Alassane Ouattara ? Quand est-ce que vous allez être sérieux devant les affaires sérieuses telle l’élection présidentielle ?

Je rappelle en passant que lors de la seconde investiture du président Ouattara en 2015, Koné Mamadou a insulté la Constitution de 2000, dénoncé son caractère xénophobe et confligène, ressassé toutes les tracasseries subies par le président Ouattara ainsi que les nombreuses offenses à lui faites et a terminé par l’inviter à mettre en place une nouvelle Constitution qui rassemble. Son vœu a été exaucé en novembre 2016. Peut-être cette Constitution rassemble, par conséquent, ne sera pas source de conflits aux conséquences tragiques.

‘’Les jeunes de Boribanan, riverains du Bd de la Paix d’Attécoubé, qui brûlaient les pneus entre décembre 2010 et avril 2011 pour empêcher les fonctionnaires de se rendre au Plateau, n’aiment pas aujourd’hui les feux qui dégradent le bitume et les odeurs de pneus qui les suffoquent.’’

Mais pour le moment, les Ivoiriens sérieux ne doivent pas recourir au Conseil constitutionnel pour voir trancher un dossier de candidature au détriment du Rhdp. Tout est coordonné, seuls les imbéciles l’ignorent.

Et les Ivoiriens conscients, qui savent ce secret de polichinelle, préfèrent s’exprimer dans la rue. Cette rue que tous les Ivoiriens aiment et détestent à la fois selon les époques ! Ceux qui brûlaient les pneus sont aujourd’hui allergiques et vice-versa. Les jeunes de Boribanan, riverains du Bd de la Paix d’Attécoubé, qui brûlaient les pneus entre décembre 2010 et avril 2011 pour empêcher les fonctionnaires de se rendre au Plateau, n’aiment pas aujourd’hui les feux qui dégradent le bitume et les odeurs de pneus qui les suffoquent. Et ceux qui, hier, détestaient cet acte qu’ils trouvaient ignoble et barbare, en sont friands aujourd’hui. Donc, la rue qui règle les problèmes ou ne règle pas les problèmes ne date pas de 2020.

Les gens ont recours à la rue parce que les institutions sont aux ordres. Si on ne le sait pas c’est qu’on feint de l’ignorer. Si on ne le sait pas, c’est que notre appartenance aux partis nous a fait perdre notre raison et la raison.

Par Pascal Kouassi

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