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Lutte contre le Sida: Un monument en l’honneur des personnes vivant avec le VIH érigé au sein du PNLS


Un monument à l’honneur des personnes vivant avec le VIH, construit dans l’enceinte du Programme national de lutte contre le Sida (PNLS), sis à Treichville, a été inauguré le vendredi 30 novembre 2018, à la veille de la journée mondiale de lutte contre le Sida.

Représenté par un « ruban rouge renversé », ce monument symbolise la vie ou la victoire, a indiqué la présidente du conseil d’administration du Réseau ivoirien des organisations de personnes vivant avec le VIH (RIP+), Mme Sidjé Léontine.

« Aujourd’hui, nous voulons célébrer la vie. Nous ne voulons plus allumer les bougies pour pleurer et penser à nos pionniers qui nous ont devancés… Nous qui sommes restés sur terre, nous nous sommes dits qu’il faut célébrer la victoire », a-t-elle déclaré. Avant d’ajouter : ensemble nous devons conjuguer nos efforts pour l’élimination du VIH d’ici 2030 ».

Pour sa part, le directeur coordonnateur du PNLS, Dr. Abo Kouamé, a souligné que la construction de ce monument est un message très fort dans la lutte contre le Sida. « De mémoire c’est la première fois que cela se fait. C’est le signe de la contribution de chacun de nous pour tout ce qui a été fait et pour tout ce qui sera fait pour l’atteinte de l’objectif que nous nous sommes fixés », a-t-il fait savoir.

Le directeur coordonnateur du PNLS, Dr. Abo Kouamé pendant son allocution

Selon lui, ce sont environ 436 000 personnes qui vivent avec le VIH en Côte d’Ivoire dont 415 000 adultes de 15- 49 ans et 21 000 enfants de 0 à 14 ans. Parmi ces personnes, seulement 240 000 bénéficient des traitements antirétroviraux. S’agissant des décès, ce sont 25 000 morts enregistrés en fin 2017. Ce qui dénote d’une baisse comparativement aux années 2000, où le nombre de décès était de 60 000 personnes.

La prévalence de la pandémie du VIH connait une tendance baissière à travers le monde entier au regard du passage à échelle d’un traitement antirétroviral plus efficace, d’une prévention plus accrue et d’innovations telles que l’autotest, la prophylaxie préexposition (PREP) et le suivi virologique par la charge virale dont le résultat indétectable signe l’arrêt de la transmission du VIH d’un individu infecté à une personne saine.

Malgré ces avancées, le niveau de la stigmatisation et de discrimination reste très élevé. C’est pourquoi, les acteurs communautaires ont appelé, à la veille de la célébration de cette journée, à mettre fin à la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH,

« Aujourd’hui avec le traitement antirétroviral il n’y a pas lieu de stigmatiser les personnes vivant avec le VIH, parce que ces personnes ne constituent aucun danger pour la population. Le seul problème, c’est la stigmatisation. Et plus nous stigmatisons ces personnes, plus nous les rendons dangereux », a prévenu Dr. Abo Kouamé.

Dr. Coulibaly Madiara, directrice exécutive de Alliance CI (en tee-shirt bleu) posant devant le monument du « Ruban rouge renversé »

« Tant qu’on n’arrive pas à gagner le défi de la communication par rapport à la stigmatisation et la discrimination, on aura du mal à atteindre la victoire. Plutôt que d’avoir peur des personnes vivant avec le VIH, il faut les soutenir, faire en sorte que ces personnes puissent prendre correctement leur traitement… C’est à ce prix qu’on pourra briser la peur qui persiste au niveau de la population vis-à-vis du VIH », a plaidé Dr. Coulibaly Madiara, directrice exécutive de Alliance Côte d’Ivoire.

« Le visage du Sida n’est plus celui d’hier. Ce n’est plus le visage hideux. C’est maintenant un visage resplendissant. On tend vers l’élimination de la pandémie. Il ne faut pas stigmatiser les personnes atteintes. Il faut plutôt les encourager à se faire dépister », a recommandé Imam Koné, PCA de ARSIP.

Plus de 77 millions de personnes ont été contaminées par le VIH, et plus de 35 millions sont mortes de maladies associées au Sida. Cette année la journée, qui est officiellement célébrée le 1er décembre, a pour slogan : connais ton statut !

Moïse Yao K.

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