Interview-vérité/ Mme AKA Véronique (Député et Pdte du Conseil régional du Moronou) vide son cœur et fait des promesses fermes au PDCI-RDA
En discorde avec le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), depuis 6 ans, l’honorable Aka Véronique, épouse Bra Kanon, est allée sans étiquette politique aux dernières élections législatives et régionales contre les candidats officiels du PDCI qu’elle a battus à plate couture. Mais son cœur a saigné pour le parti fondé par son « père », le président Houphouët-Boigny. Le président Bédié a donc envoyé le Secrétaire Exécutif de son parti, Pr Maurice Kakou Guikahué, à la rencontre de celle qu’on appelle affectueusement ‘’la reine Pokou du Moronou’’ pour lui demander de revenir en famille. A la suite de cette visite de travail effectuée par le patron du Secrétariat Exécutif du PDCI, le dimanche 1er juin 2014, à M’Batto, l’honorable Aka Véronique, député à l’Assemblée nationale et présidente du Conseil régional du Moronou, a décidé de revenir prendre sa place et jouer le rôle qui est le sien au PDCI d’Henri Konan Bédié. Interview.
Mme la présidente du Conseil régional du Moronou, quelles sont vos impressions après cette visite d’amitié et de travail que le Secrétaire Exécutif du Pdci vient d’avoir avec vous et vos parents de M’Batto ?

Vous avez décidé de remettre vos titres au PDCI-RDA. Qu’est-ce qui a motivé cette décision et maintenant que comptez vous faire pour le parti ?
Qu’est-ce que j’entends faire c’est-à dire ? Moi, j’ai donné ma parole d’honneur. C’est le plus important. Maintenant, les actes vont suivre.
Est-ce qu’on en fait un écho, pour dire aujourd’hui à la face de la nation que vous avez regagné votre parti et que vos lauriers appartiennent également au PDCI-RDA ?
Oui bien sûr. Y a pas de honte à cela. J’ai volé de mes propres ailes pour prouver à mon parti que je peux y arriver. Mais, chez nous les Akan, on dit que tu ne peux pas faire de vilaines choses et aller les montrer à ton père. Mais, tu peux réaliser des projets et aller les brandir devant ton père. Aujourd’hui, le président Bédié a vu que j’ai pu battre mes adversaires. Après mon combat, je lui remets ma victoire. Cela est normal. Quand on a un père, il faut l’honorer au lieu de l’humilier.
Mme la présidente, vous disiez, le dimanche nuit, que tout est fini avec votre sœur Mme la ministre Amah Tehua. Alors, on devra s’attendre à quoi dans les jours et les mois à venir ? Est-ce qu’il y a un élan de retrouvailles qui se profile à l’horizon?
Oui, mais vous savez qu’entre le ministre et moi, il n’y a pas de problème de fond. Vous savez qu’entre un homme et son épouse, il y a
toujours eu de petites jalousies, parce que les gens cherchent à les diviser. On a écouté les uns et les autres. Mais je crois vraiment qu’on s’est rendu compte qu’on a fait des erreurs de part et d’autre. Je ne crois pas que, ni elle ni moi, sommes fières de ce résultat. C’est cela le plus important. Nous sommes fautives. Nous le reconnaissons. Puisque nous reconnaissons nos fautes, nous allons mettre fin aux histoires. C’est la ministre et moi qui sommes à la base de tous ces problèmes. Les fautes nous incombent, il faut avoir l’humilité de reconnaître ça et on verra la suite. Amah Tehua est ma Maman. Mais Dieu nous a mis à l’épreuve pour voir jusqu’où on pouvait arriver. C’est ce que je crois. Mais l’heure a sonné pour que le même Dieu nous freine dans notre élan en nous demandant de revenir à la raison. J’ai compris cela. Moi j’adore la ministre. Et j’ai une faiblesse pour cette femme. Si bien que lorsqu’elle me demande quelque chose, je ne peux pas lui dire non. La première fois que je lui ai tenu tête, la correction a été dure. J’ai réagi en conséquence. Comme on le dit chez nous, quand tu corriges mal un enfant, il pleure mal. Ça été comme çà.

Mme la présidente, c’est l’heure de la remobilisation des troupes du PDCI pour la reconquête du pouvoir d’Etat. Pensez-vous que le PDCI doit avoir son candidat pour les élections de 2015 ou devrait soutenir l’idée d’une candidature unique ?
Comme le ministre Guikahué ne nous a pas parlé de candidature, je ne peux pas me prononcer là-dessus. S’il nous avait dit, entendez-vous, ou on vient vous demander de retourner à la maison parce qu’il y a une candidature unique, je vous aurais donné ma position tout de suite. En tout cas, je ne peux pas me hasarder à dire certaines choses. Franchement, cette question mérite d’être tranchée par la grande direction du PDCI-RDA. Et la base sera tenue de suivre le mot d’ordre du parti. On ne doit pas être indiscipliné. Si on nous demande de soutenir une candidature unique et que je dis le contraire, cela signifie que je ne suis pas du parti. Mais, si le PDCI a un candidat aussi, on fera le travail de celui-ci.
Avez-vous un dernier message en faveur de la réconciliation entre les militants du PDCI dans la région du Moronou ?
Il faut que vous sachiez que la base du PDCI a été beaucoup frustrée. Ce n’est pas à notre niveau seulement. C’est au plan national. Je demande à la direction du parti de prendre son bâton de pèlerin pour approcher la base. A la base, je dirai que lorsque la grande direction nous approche, ce n’est pas le moment de faire le cinéma. Il faudrait que nous comprenions que nous avons un parti malade. On demande que chaque personne apporte sa petite contribution pour que la mère malade soit guérie. Ce n’est pas le moment de se laisser diviser. On a fait beaucoup de bêtises quand même. C’est pourquoi, nous devons faire violence sur nous-mêmes pour tourner la page et regarder l’avenir. Le ministre Guikahué a dit qu’on ne peut pas avoir ce qui ne nous appartient pas. On ne peut pas forcer ce qui ne nous appartient pas. Cela dit, il faut qu’on se pardonne. Nous sommes des êtres humains. Nous sommes tous pécheurs. Nous sommes tous fautifs. Mais remettons-nous ensemble pour la bonne marche de notre parti, le PDCI-RDA.
Interview réalisée à M’Batto par Guy TRESSIA
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