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Critiques 100 passions: le procès du coach Kamara ?


Il est tout à fait normal que le coach des Éléphants, Ibrahim Kamara subisse des critiques acerbes après cette défaite contre le Maroc, mais il est malsain d’indexer son niveau et sa compétence. Pour mieux me comprendre, transposez mon assertion dans d’autres domaines d’activités (gestion politique, financière, pédagogique, entrepreneuriale, transport, bâtiment…). Je demande à M. Kamara de mieux s’habiller parce qu’il est à la fois coach et en plus de cela manager.

Je tais les dissensions internes de la FIF, ses conséquences et surtout, le contexte sociopolitique où les jugements sont influencés par ces faits. Je veux simplement préciser que le coach Kamara dirige les Éléphants par et pour sa compétence. Il a fait ses preuves depuis les juniors avant de prendre l’équipe A dans une posture incertaine lors des phases éliminatoires: il devait de un, dénicher les joueurs, de deux, constituer une équipe type de trois, développer les automatismes de quatre, gagner les matches pour se qualifier.

Il l’a fait autant que ceux qui dirigeaient leur équipe depuis quatre ans. Quand il a remporté son premier match, il a été qualifié d’entraîneur qui est fort, il a suffi perde le second, en alignant ceux qui ont gagné la veille, pour qu’il soit faible. Personne n’a récrimine notre 11 entrants avant la défaite. Aux entraîneurs post production, je vous préfère analystes ou commentateurs.

Ce n’est pas l’entraîneur qui compense le manque d’orgueil des joueurs pendant le cours du jeu, lorsqu’on est battu 12 fois dans les airs, lorsqu’on est incapable de contrôler une balle 6 fois, lorsqu’on convoie un joueur adverse devant les buts….. (Un tacle rageur et sans faute de Sérey Dié pendant la domination marocaine, en 2e mi-temps s’appelle orgueil).

Le péché de nos attaquants c’est qu’ils ne défendent pas du tout même après avoir perdu la balle. Ce sont eux qui ont épuisé la défense et non le Maroc. L’exploitation d’un côté latéral n’est pas un péché (chacun joue avec ses armes) mais c’est le manque de génie de la faire mécaniquement et continuellement pendant le jeu qui en devient.

Ne brûlons pas vite nos valeureuses perles et leur entraîneur qui promettent. Ayons la sagesse de FHB en 1984, face à une défaite contre le Cameroun de Roger Milla. C’est le diable qui veut tout et tout de suite.

On oublie que nous sommes en mutation générationnelle et ceci explique cela. Sans Benzema la France a remporté la coupe du monde. Il est malsain de réduire une équipe à une seule personne. Il faut s’inscrire dans une dynamique de reconstruction en dénichant les meilleures perles.

La cohésion et la performance ne se décrètent pas en football et même dans plusieurs domaines d’activités humaines. La France a remporté la coupe du monde 1998 sous ce principe. C’est le parcours collectif des individualités qui nous a fait remporter deux CAN. Mais tout processus consomme du temps et, l’entraîneur kamara n’est pas le maître du Temps.

Par Dr Djofolo DOUMBIA

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