Politique

Côte d’Ivoire-Avant-projet de constitution: Une association de la jeunesse de l’opposition hausse le ton


Le secrétaire général de l’alliance démocratique africaine (ADA), conduite par Kouakou François N’Guessan

Le secrétaire général de l’alliance démocratique africaine (ADA), Kouakou François N’Guessan

A peine le Professeur Ouaraga Obou, président du comité des experts chargés de l’élaboration de l’avant-projet de constitution a-t-il remis le document, samedi 24 septembre 2016, au président Alassane Ouattara que des voix, et non des moindres, s’élèvent. Le secrétaire général de l’alliance démocratique africaine (ADA), conduite par Kouakou François N’Guessan qualifie l’avant-projet de constitution de “testament” que son association ne reconnaîtra “jamais”. “Ce qu’Ouattara a reçu le samedi des mains de son soi-disant comité des experts n’est pas un projet de constitution, mais, plutôt un testament. C’est un testament qu’Ouattara a fait écrire par ses amis, l’ADA ne se reconnaîtra jamais dans cette constitution qui concerne la jeunesse ivoirienne”, martèle le secrétaire général de l’ADA, une association proche de l’opposition. Pour Kouakou, François N’Guessan, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) est ‘’minoritaire’’ dans le pays, avec seulement 2,6 millions des électeurs sur près de 8 millions d’Ivoiriens en âge de voter. “Nous sommes, donc, la majorité silencieuse, c’est pourquoi nous faisons entendre notre voix pour dire non”, s’est-il justifié.

Considérant que l’avenir de la Côte d’Ivoire, c’est sa jeunesse et elle veut participer à l’élaboration de la constitution, il a estimé que la nouvelle constitution est un “complot”.“Ouattara ne nous imposera pas son testament qui entend résoudre le problème de succession et le protéger contre des poursuites judiciaires au regard de sa gestion scandaleuse des biens de l’Etat”, a-t-indiqué avant de faire une précision de taille: “Nous ferons barrage par tous les moyens démocratiques pour dire non à ce complot”. Par ailleurs, le secrétaire de l’ADA est sceptique quant à l’organisation d’un référendum. “Pour nous, il n’est pas sûr que le référendum ait lieu comme prévu. Car, il ne va pas plancher sur ce que nous décrions. Donc, nous allons nous opposer à la tenue de ce référendum. J’appelle tous les Ivoiriens et surtout la jeunesse à une extrême vigilance. Elle doit se réveiller maintenant”. Cet avant-projet compte 184 articles répartis dans 16 titres et 50 chapitres, soit 51 articles et 1 titre de plus que la constitution de 2000. Au titre des observations du comité des experts, Ouraga Obou a indiqué que “ écrire une Constitution pour le peuple est à la fois juridique et politique. Il convient donc de distinguer la révision de la Constitution à son élaboration”. Le  président du comité des experts, indique que “c’est au peuple ivoirien d’en juger”.

Alassane Ouattara a annoncé pour le 28 septembre prochain l’examen de l’avant-projet de Constitution par le gouvernement, à sa session hebdomadaire de conseil des ministres. Il sera ensuite transmis au parlement pour examen dès le 5 octobre. Si l’avant-projet est adopté par le parlement, il sera ensuite soumis à référendum, a déclaré Alassane Ouattara. Il a maintenu en fonction le Comité des experts afin qu’il poursuive ses consultations pour expliquer l’avant-projet  aux couches socioprofessionnelles. C’est le 31 mai dernier que le président de la République a commis le comité des experts aux fins de l’élaboration d’un avant-projet de Constitution “impersonnel, consensuel, moderne et modèle.”

Kpan Charles

 

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