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[Côte d’Ivoire/Planification et budgétisation sensible au genre] Les élues locales élaborent un plan d’actions post-atelier


Les participantes en plein travaux (PH/LPS)

Les participants en exercice (PH/DR)

YAMOUSSOUKRO, 11-4-2019 (lepointsur.com) A l’initiative du Réseau des Femmes Élues Locales  d’Afrique (REFELA) et de ONU Femmes, les femmes maires de Côte d’Ivoire se sont réunies à Yamoussoukro du 7 au 10 avril 2019 autour du thème «Intégration du genre dans la gestion des collectivités» et le sous thème « La planification et budgétisation sensible au genre » au sortir duquel elles ont élaboré un plan d’actions post-atelier.

Débuté le lundi 8 avril à Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d’Ivoire, l’atelier de renforcement des capacités des élues locales, portant sur le thème principal «Intégration du genre dans la gestion des collectivités»  et le sous thème « La planification et budgétisation sensible au genre », a pris fin le mercredi 10 avril 2019. Après trois jours de formation, constitués en majeure partie de travaux en commission, les participantes ont élaboré un plan d’actions post-atelier.

Un groupe de femmes en pleine concertation, avant lors des travaux ( PH/LPS)

A travers ce document, les élues locales envisagent de renforcer les capacités des acteurs locaux sur la planification et la budgétisation sensible au genre ; d’informer et sensibiliser les différentes couches de la population notamment, les chefs, notables, hommes, femmes, jeunes et les différentes couches socioprofessionnelles ; d’analyser les données recueillies de sorte à élaborer un plan de développement local, ainsi que le programme triennal et le budget primitif (le budget participatif, c’est-à-dire 30 pour cent du budget au moins). Pour les apprenantes, et ce, dans le cadre de la mobilisation des recettes, il a été question de développer des partenariats avec d’autres structures.

Entre autres doléances, les participantes souhaitent d’autres ateliers de ce genre pour être outillées afin de mieux s’engager dans la gestion de leur collectivité.

 Trois jours intenses de formation

Mme Tobouet Yolande a instruit les apprenantes sur la consolidation de la paix (PH/DR)

Le premier jour de la formation a porté essentiellement sur le partage d’expériences et sur le fonctionnement des conseils communaux. Un exposé sur la feuille de route du conseil municipal pendant les 100 premiers jours d’exercice de fonction des élues locales, a eu également lieu lors des travaux de cette première journée.

Pour le formateur du jour, M. Socé Sène, l’approche genre repose sur trois principes directeurs à savoir : la participation est fondamentale ; les rôles dévolus aux hommes et aux femmes sont déterminants et les catégories défavorisées sont prioritaires. Expliquant que l’approche genre est basée sur la complémentarité, il a indiqué qu’il faut  mutualiser  les efforts. Toujours dans son enseignement, Socé Sène a indiqué que l’approche genre repose sur plusieurs entrées d’analyse que sont entre autres le contexte de développement, c’est-à-dire les réalités de la commune, les parties prenantes, les besoins, ressources, opportunités et contraintes. Il a continué pour dire que les catégories de genre se résument aux disparités de genre, la discrimination et l’oppression.

De fait, il a invité les élues locales à l’humilité « gage de communication et de dialogue entre la population », a-t-il dit.  « Il faut identifier les obstacles au niveau des communes. Le budget participatif consiste à impliquer la population », a-t-il ajouté, tout en expliquant que, « on ne cherche pas à savoir tout  sur ce qui est nécessaire ». Bien avant, il a défini le genre comme une interaction sociale entre les hommes et les femmes. M. Sène a, pour finir, expliqué que le budget est la traduction chiffrée de ce que l’on envisage de faire.

Les participants en exercice (PH/DR)

Le jour 2, les participantes ont été instruites sur la mobilisation des ressources et planification locale participative, par M. Nemlin Abel José, sous-directeur de la Direction générale de la décentralisation  et du développement local (DGDDL). Au cours de sa présentation, le formateur a expliqué que le programme triennal est un plan de développement comprenant des actions et opérations ayant pour objectifs, d’améliorer le cadre de vie des habitants d’un même territoire, qu’un conseil se propose de réaliser en une période glissante de trois ans. Selon lui, il existe plusieurs sources de financement mais, dit-il, les plus connues sont les  recettes fiscales (impôts) ; les taxes rémunératoires ; les redevances et l’aide de l’Etat (dotation globale de fonctionnement, subvention d’équilibre,dotation d’équipement, dotation de décentralisation, le fonds d’étude).

Il a, à cet effet, demandé aux apprenantes de connaître le potentiel économique de leur commune afin de créer des projets générateurs de revenus (étude de faisabilité).L’élaboration d’une carte sociale par chaque élue a mis fin à cette présentation.  Le jour 3, dernier jour du séminaire de formation, le module  portant sur la consolidation de la paix a été l’affaire de Mme Tobouet Yolande, psy-pédagogue de profession. A l’entame des activités, elle a défini le terme conflit comme une opposition de points de vue. A l’en croire, le conflit est le résultat de l’interférence entre les forces opposées ; qu’il s’agisse de divergences de besoins, d’intérêts ou de valeurs.

MM. SOCE Sène du Sénégal

« Le conflit est naturel, inné. Il n’est pas à priori négatif. Il est positif. C’est plutôt la gestion du conflit qui peut nous amener à la guerre, à la division », a-t-elle insisté. Justifiant les aspects positifs du terme conflit, elle  a dit que « le conflit est naturel et indispensable pour le développement personnel ». Pour elle, la confrontation est souvent une étape nécessaire pour garantir et développer la personnalité et l’identité d’un individu. « Le conflit est lieu de socialisation, d’apprentissage de vivre ensemble, de gérer la vie en commun. Le conflit peut permettre de connaître l’autre. C’est l’acceptation de l’autre dans la différence. Un  conflit favorise la remise en question personnelle et mutuelle », fera-t-elle savoir.

.... et Nemlin Abel José de la DGDDL ont apporté une formation de qualité aux participantes (PH/LPS)

S’appuyant sur la citation suivante : «si tu veux la paix, connais le conflit et apprends à le gérer d’une manière positive, constructive et non violente», elle  a laissé entendre que le défi à relever en matière de conflit suppose savoir gérer les conflits sans tomber dans le piège de la violence ; apprendre à manifester le désaccord sans être destructeur et sans blesser l’autre ; savoir gérer les conflits sans endommager les relations interpersonnelles. Selon la psy-pédagogue, plusieurs attitudes sont à adopter, telles que la collaboration, la coopération, le consensus etc. Continuant, la formatrice du jour a énuméré les éléments déclencheurs des conflits qui sont entre autres, la perception, l’injustice sociale, les inégalités sociales, le chômage, la fragilité économique (pauvreté) etc.

S’interrogeant sur «quelle cohésion sociale pour nos communes ? », elle a dit : «Nos communautés cohésives et incluses ; nos valeurs restent, notre identité reste». Pour  terminer, elle a donné quelques remèdes pour la consolidation de la paix, qui sont entre autres, le maintient la paix acquise par les actions ; l’implication de toutes les composantes de la société ; et la préconisation du dialogue que de la violence, etc.

 Le dernier module ‘’Environnement et gestion des ordures dans les communes’’ est revenu à M. Nemlin Abel José sous-directeur à la direction générale de la décentralisation et du développement local. Il a fait une brève présentation du système  de collecte des ordures. Au cours de son exposé, il a expliqué que la question des ordures ménagères est une problématique à la fois nationale  et locale, car les ordures qui s’amoncellent dans les rues interpellent les élus locaux et non l’Etat. Pour le formateur, « il faut du personnel pour gérer les ordures ».

Participantes et formateurs ont pausé pour la postérité (PH/LPS)

Poursuivant, il a peint le tableau de la situation actuelle de la gestion des ordures, qui à l’en croire, est une compétence retirée à toutes les collectivités territoriales en 2007. Ensuite, Nemlin Abel José s’est étalé  sur  la situation de la gestion des ordures dans les communes qui nécessite des dons en matériels à savoir : des tricycles ; des motos  etc. Mais selon lui, le constat est que, ces appuis ne sont  pas fréquents et ne portent pas en général sur les matériels lourds tels que les engins.

‘’Quelles solutions pour une gestion efficace des ordures dans les communes ?’’.  A cette question, M. Nemlin conseille l’implication active des populations locales dans la gestion des ordures, qui se décline au balayage, au dépôt des ordures dans les lieux indiqués et la création des emplois dans le cadre de la gestion des ordures. Au niveau national, il exhorte les élues locales à définir un cadre de concertation ANAGED DGDDL-UVICOCI et à doter les collectivités territoriales de moyens adoptés à leurs besoins en matière de gestion des ordures. Une photo de famille a mis fin à cette rencontre.

Opportune Bath, envoyée spéciale à Yamoussoukro

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