Sante

[Akradio] Blocage d’une mission sanitaire par un chef de quartier et deux promoteurs privés


Dabou, le 04 novembre 2024 (lepointsur.com) – Une mission d’assainissement du secteur de la santé privée à Akradio, conduite par la Direction des Établissements Privés et des Professions Sanitaires (DEPPS), a rencontré des résistances inattendues entre le 24 et le 30 novembre dernier. Un chef de quartier et deux promoteurs de cliniques se sont opposés aux mesures du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, entravant ainsi les efforts du gouvernement dans la région des Grands Ponts.

Des résistances entravent la mission des agents sanitaires

Contrairement à certains Chefs traditionnels, la mission de la DEPPS a été bien accueillie par toutes les autorités locales

Le vendredi 29 novembre, les agents du ministère, mandatés par le ministre Pierre Dimba, ont présenté un rapport au préfet de Dabou, soulignant trois principales difficultés rencontrées lors de leur mission :

▪︎ Absence de collaboration locale :
L’absence du chef du village d’Akradio a empêché les agents de présenter leur feuille de route à la chefferie traditionnelle. Cette situation a conduit à un accueil hostile de la part du chef de quartier Agbaville, l’honorable Gnagne Essoh Benjamin, qui a invoqué l’absence de courrier officiel pour justifier son opposition.

▪︎ Recidive des promoteurs privés : Deux établissements sanitaires privés, le Centre médico-social « Le Jourdin de IRA » et le centre médical « SINIKENYA » de Dabou, ont ignoré les décisions de fermeture ordonnées par la DEPPS, poursuivant leurs activités illégalement.

Un secteur sous haute surveillance dans les Grands Ponts

Récidive de la pratique sanitaire illégale au Centre médical sinikènèya de Dabou

Sur les 85 établissements sanitaires privés contrôlés dans la région des Grands Ponts, les résultats sont préoccupants :

▪︎ 4 établissements autorisés (5 %) : 3 à Dabou, 1 à Jacqueville, aucun à Grand-Lahou.

▪︎ 81 établissements non autorisés (95 %) : 33 à Dabou, 17 à Jacqueville, 31 à Grand-Lahou.

▪︎ 69 fermetures immédiates (81 %) : 31 à Dabou, 10 à Jacqueville, 28 à Grand-Lahou.

▪︎ 12 établissements mis en demeure (14 %) : 2 à Dabou, 7 à Jacqueville, 3 à Grand-Lahou.

▪︎ 2 établissements félicités (2 %) : Tous situés à Dabou.

Des pratiques illégales sévèrement sanctionnées

Les agents sanitaires ont relevé plusieurs infractions majeures :

▪︎ Insalubrité des locaux.

▪︎ Exercice illégal de la profession médicale.

▪︎ Personnel non qualifié.

▪︎ Mauvaise gestion des déchets médicaux.

Recommandations et perspectives

L’infirmerie privée N’Djem de Jacqueville fermée

Face à ces constats alarmants, les agents du ministère ont formulé plusieurs recommandations :

▪︎ Contrôles réguliers : Intensifier les inspections des établissements sanitaires privés pour assurer leur conformité aux normes.

▪︎ Sensibilisation : Encourager les promoteurs à se mettre en règle sur le plan administratif.

Ces mesures s’inscrivent dans le cadre de l’opération « Zéro clinique illégale d’ici 2025 », une initiative gouvernementale soutenue par le Programme de Santé Nutrition et Développement de la Petite Enfance (PSNDPE) financé par la Banque mondiale. Grâce à une collaboration étroite avec les autorités locales, cette opération connaît un franc succès dans plusieurs régions, notamment les Grands Ponts et le Gboklè.

La lutte contre l’exercice illégal de la médecine privée en Côte d’Ivoire se poursuit avec détermination, portée par l’engagement des autorités sanitaires et l’adhésion croissante des populations locales.

Lainé Gonkanou, Correspondant Régional

Commentaires

commentaires